Au Gabon, la convoitise de l’ivoire ne faiblit pas
Jardinier des forêts tropicales, l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis) fait toujours l’objet de braconnage au Gabon où des cas de trafic d’ivoire sont révélés régulièrement à la suite d’enquêtes de terrain menées par les autorités judiciaires.
À Lipaka 2, village situé sur l’axe Lastoursville-Moanda, dans le département de Mulundu, quatre individus viennent d’être interpellés pour possession illégale de quatre pointes d’ivoire.
S’il a diminué vers 2010 au Gabon, le trafic d’ivoire a connu en 2018-2019 un regain. Sous l’effet de cette activité punie par le Code pénal, des braconniers et trafiquants organisent l’abattage d’éléphants pour s’emparer de leurs ivoires à des fins de commercialisation illégale.
L’arrestation des trafiquants au village Lipaka 2, n’échappe pas à cette réalité. Informés par une personne de bonne foi qu’un éléphant a été abattu dans ce village, les agents des Eaux et Forêts vont se rendre sur place afin de s’enquérir des circonstances de cet abattage.
Sur place, la dépouille d’un éléphant sera découverte, mais sans ses pointes d’ivoire. Les investigations menées par les forces de l’ordre et les éléments des Eaux et Forêts permettront les 22, 23 et 24 septembre 2026 de mettre la main sur cinq individus et de faire la découverte de deux nouvelles pointes d’ivoires, en plus de celles de l’éléphant abattu, ainsi que la saisie d’une arme à feu de type calibre douze et des munitions de fabrication artisanale détenue par l’un des mis en cause.
Au total, quatre pointes d’ivoire correspondant à deux éléphants tués ont été découvertes au cours de cette enquête. Un mis en cause a été élargi car non impliqué dans la commission des délits. Présentés au parquet de la République à Libreville le 28 septembre 2026, le Procureur a ouvert une information judiciaire.
Le juge d’instruction a décerné deux mandats de dépôt et laissé en liberté provisoire deux des quatre présumés trafiquants d’ivoire. En instruction spécialisée, l’affaire suit son cours. Les présumés contrevenants risquent une peine de dix ans d’emprisonnement et d’une amende égale au quintuple de la valeur de la saisie, conformément aux dispositions de l’article 390 du code pénal gabonais.
Selon les estimations, 95.000 éléphants de forêts peupleraient encore le Gabon, ce qui constitue plus de la moitié de la population de cette espèce emblématique qui a largement décliné dans les pays voisins.
C’est notamment grâce à cette incroyable biodiversité que le Gabon attire des visiteurs, investisseurs et philanthropes qui appuient les services de l’Etat et leurs partenaires.
Comme on le voit ici, cette population d’éléphants de forêt reste néanmoins soumise à diverses pressions : le braconnage, la réduction de son habitat ou encore les changements climatiques avec le phénomène de baisse de la fructification des forêts, perturbant ainsi son alimentation et augmentant les dégâts dans les plantations agricoles.
La sensibilisation, le développement d’alternatives économiques pour les communautés locales, le développement de l’écotourisme et l’application de la loi dans les cas de violation des dispositions règlementaires constituent des atouts pour mieux lutter contre le trafic de cette espèce au Gabon.
CJ






