Mines en Afrique : à Rabat, Elvis Ossindji plaide pour une gouvernance adaptée aux réalités du continent

13 octobre 20260
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À Rabat, au Maroc, la question de la gestion responsable des ressources minières africaines était au cœur des échanges, le 7 octobre 2026. Parmi les intervenants, Elvis Ossindji, ancien ministre gabonais des Mines et de la Géologie, a défendu une approche qui permettrait aux pays africains de mieux contrôler leurs richesses tout en répondant aux exigences des investisseurs internationaux.

Lors de ce panel consacré aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), l’expert gabonais a échangé avec Bouchra Mzali, Stéphane Rinimba Moudoute-Bell, Jean-Pierre Kucheida et Pascal Rey, sous la modération d’Abdellatif Kissami.

Dans une contribution publiée le 9 octobre, il résume sa position : « L’Afrique a besoin d’un cadre ESG qui parle sa propre langue tout en restant lisible par le reste du monde. »

Pour Elvis OSSINDJI, les États africains doivent pouvoir décider de l’exploitation de leurs ressources, mais également garantir des règles claires et stables aux investisseurs. Il prend pour exemple la décision du Président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, d’interdire les exportations de manganèse brut à partir de 2029, afin de favoriser sa transformation au Gabon.

« La décision souveraine du Gabon de ne plus exporter son manganèse brut à partir de 2029 en est l’illustration la plus nette », souligne l’ancien ministre, rejoignant ainsi les préoccupations exprimées à Rabat par plusieurs responsables africains.

Il évoque également les réformes minières engagées sur le continent, notamment au Congo-Brazzaville, qui a adopté un nouveau code en avril 2026, tandis que plus de 200 permis ont été retirés dans plusieurs pays africains.

Mais adopter des lois ne suffit pas. En République démocratique du Congo, seules deux entreprises sur 47 évaluées déclaraient avoir respecté, en 2020-2021, leur obligation de consacrer 0,3 % de leur chiffre d’affaires aux communautés. Après une meilleure organisation, les versements ont dépassé 100 millions de dollars en 2023.

Face à ces difficultés, Elvis Ossindji Propose des règles ESG communes à l’Afrique, compatibles avec les normes internationales, mais adaptées aux réalités de chaque région et pays. C’est notamment l’objectif du référentiel MAYA, développé par NL Consulting avec ses partenaires et l’appui du ministère gabonais chargé des Mines.

S’appuyant sur la Vision minière africaine de 2009 et l’expérience de l’OHADA, il insiste sur la formation, le contrôle et la connaissance des ressources, alors que la sous-facturation des exportations extractives coûterait annuellement 40 milliards de dollars au continent.

Pour Elvis Ossindji, le Gabon, engagé dans la révision de son code minier, pourrait montrer la voie en Afrique centrale. Reste désormais à traduire ces ambitions en résultats concrets, pour que les richesses du sous-sol profitent davantage aux économies africaines et aux populations.

DM/MT

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