Akanda : L’odyssée mystique d’UKA, entre pinceaux, droit et « Afro-Fantasy »

14 mars 20260
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Depuis le vendredi 13 mars, l’esplanade de l’hôtel de ville d’Akanda s’est transformée en un sanctuaire dédié à la création. Sous l’impulsion du maire Michel Delbrah, la commune accueille une double célébration : l’exposition picturale et la présentation littéraire d’Alexandra Bouka, alias UKA.

Plus qu’une simple exposition, l’événement, qui se clôturera le 27 mars, marque l’émergence d’une figure singulière de la scène culturelle gabonaise.

De la rigueur du Sénat à l’éveil des toiles

Ce qui frappe chez UKA, c’est cette dualité rare, atypique. Juriste d’affaires et ancienne attachée parlementaire au Sénat (2023-2025), la jeune femme de 27 ans déconstruit les clichés et les cloisons entre disciplines. Derrière la précision du droit se cache une âme de plasticienne habitée par le sacré.

Pour le maire Michel Delbrah, accueillir une telle pluridisciplinarité est un signal fort : « Nous voulons qu’Akanda devienne une plateforme culturelle majeure. Nos portes sont ouvertes à tous ceux qui font rayonner notre génie local. »

La Féminité comme cosmogonie

À travers une dizaine de toiles aux textures habitées, UKA déploie une esthétique où la femme s’extrait de sa condition de simple sujet pour s’ériger en entité divine. Son approche picturale est un manifeste de résilience, une ode à la puissance intérieure.

« La femme porte en elle une dimension démiurgique, une magie qui précède le monde. Elle est le socle, celle qui transmute la douleur en vie  », confie l’artiste. Ses œuvres ne se contentent pas de flatter l’œil. Elles murmurent un message de sororité universelle, rappelant à chaque visiteuse qu’elle est à la fois comprise, protégée et immensément précieuse.

« La Cadette de la Montagne » ou l’ambition d’une littérature-monde
Le point d’orgue de cet événement demeure la présentation de son premier roman, « La Cadette de la Montagne
 », paru en décembre 2025. Dans cette fresque d’Afro-Fantasy de 290 pages, UKA puise dans le terreau fertile des mythes gabonais pour édifier un univers fantastique inédit.

L’intrigue nous entraîne sur les pas de Kengué, ultime née d’un gynécée mythique placé sous la protection d’une Montagne sacrée. Entre trahisons fratricides, effondrement des certitudes et quête initiatique après la mort de l’entité protectrice, le récit se lit comme une puissante métaphore de l’émancipation.

Mais au-delà de la fiction, l’ouvrage est un acte de souveraineté culturelle :

« Mon intention est d’exporter notre patrimoine immatériel, de projeter nos imaginaires sur la scène internationale, de l’Europe aux États-Unis », martèle l’autrice. Disponible à la Maison de la Presse de Libreville ainsi que sur Amazon, ce livre confirme qu’Alexandra Bouka ne se contente plus d’observer le monde : elle le réinvente.

En entrelaçant les codes de la magie ancestrale et une modernité narrative percutante, UKA s’impose comme l’ambassadrice d’une génération gabonaise décomplexée. Une génération où le droit, l’art et le mythe fusionnent pour dessiner les contours d’une nouvelle identité africaine.

MOL

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